Formation  |Fred Berger : « Le plaisir peut amener la victoire »

Au bout d’un Final Four à Roquebrune Cap Martin bien maîtrisé, les U18 lyonnaises sont championnes de France ! Fred Berger, responsable du Centre de formation, revient sur ce weekend, cette saison et les prochaines échéances.

13227820_10153878549232795_3201007227484635354_oDès samedi, avec la victoire en demi-finale face à Mondeville (53-38), tu as senti que la dynamique était intéressante ?

C’est la semaine qui était intéressante et différente. Une semaine dans laquelle les filles ont montré qu’elles voulaient être plutôt dans l’épanouissement et dans le plaisir de jouer pour mener à bien leur projet. Le match de Mondeville en demi-finale est la continuité de cette semaine.

C’était compliqué d’aborder ce weekend après le Final Four Espoir et la défaite en finale ?

Au contraire, je crois qu’elles ont été beaucoup impactées mais qu’elles ont fait un gros travail pour que les conséquences soient positives.

Les rencontres du Final Four U18 ont été de très bonne qualité, pas toujours évident sur des matchs à enjeu…

C’est clair que les filles ont réussi à proposer notre meilleur niveau de jeu du moment, sur la demi-finale et la finale. On a été en capacité de gérer le contexte et de jouer notre meilleur basket.

Une preuve de maturité ?

Je crois que c’est surtout preuve d’une certaine confiance en elles, en leurs partenaires, en leur staff. Une confiance réciproque et une certaine forme de sérénité et de certitude. Ce sixième titre a un goût différent des autres parce que les filles ont vraiment abordé les choses d’une manière différente et avec preuve de maturité. Elles ont su se mettre en mode réussite et elles ont fait ce 13246367_10153878550397795_8715722796660251567_oqu’il fallait pour se mettre en mode réussite. Ce n’est pas anodin.

Une nouvelle rencontre face à Lattes Montpellier, c’est une rencontre particulière ?

On les a jouées quatre fois : en championnat et à Talence (Coupe de France U17), même si c’était un peu différent parce qu’il s’agissait d’une compétition des moins de 17 ans. Mais cela ne change pas grand-chose du moment où on s’occupe de soi et pas des autres. Nous ne nous sommes occupés que de nous.

Sur quelle force s’est construite cette finale (69-49) ?

Sur de la patience avant tout, sur de la gestion collective et aussi sur un réel impact défensif, car Montpellier a marqué plus de 80 points la veille face à Villeneuve d’Ascq.

L’objectif sur ce Final Four était le plaisir, mission plus qu’accomplie ?

Dans le groupe, tout le weekend, on s’est concentrés sur ce leitmotiv. Et sur le terrain aussi. A la fin de la finale, les premiers retours sont sur l’épanouissement des joueuses, le plaisir sur le terrain, les joueuses qui s’investissent, qui font les efforts… C’est ce qui était le plus important : s’épanouir sur le terrain, prendre du plaisir. L’objectif est donc atteint. La victoire et le titre de champion de France, c’est ce qui concrétise le fait qu’on ait pris du plaisir pendant deux fois 40 minutes. C’est la suite logique. On passe beaucoup plus de temps sur le terrain, à s’entraîner et à jouer des matchs, qu’à profiter des titres. Moi j’ai choisi ma philosophie : le plaisir sur le terrain peut amener la victoire. Je suis très heureux que les gens qui nous entourent et qui 13243716_10153878549237795_5274574070283078446_os’investissent, reviennent avec le sourire après avoir passé un agréable moment. La mission est accomplie et c’est très bien. C’est mon job de travailler sur cet épanouissement dans le futur.

C’est important de remercier aussi le club de Roquebrune qui nous a très bien accueillis. C’est une fierté d’avoir laissé une note positive lors de ce Final Four. Les filles ont vraiment été très bien humainement pendant ce weekend. Elles se sont très bien comportées auprès des bénévoles, des gardiens, des dirigeants. Avoir des retours positifs sur le groupe et leurs valeurs humaines, cela n’a pas de prix. On essaye de leur transmettre quelques valeurs en tant que personne surtout. Le job ne se limite pas au rectangle. Pour moi, il va un peu plus loin que cela. On fait partie, très modestement, de leur construction.

Est-ce que la rencontre en championnat face à Bourges (victoire 75-56 à Mado Bonnet pour prendre la première place de la poule) était un peu le quart de finale de ce Final Four ?

C’était même plus qu’un quart de finale, c’était une finale qui te donne accès au Final Four. Un match de référence.

Comment s’est passé l’adaptation avec les nouveaux éléments du staff ?

Les deux nouveaux acteurs au niveau du staff ont pour moi une place importante. La préparation physique est primordiale, c’est donc quelqu’un (Louis Augey) qui a un vrai rôle dans le développement du Centre de formation. Après, comme avec le nouveau coach de l’équipe U18 (Corentin Mahé), il faut que chacun prenne ses repères, apprenne à fonctionner avec l’autre, dans notre mode de fonctionnement et avec l’exigence du Centre de formation, pour que les joueuses puissent se développer et performer. Cela prend indéniablement du temps quand tu ne connais pas les gens. L’exigence est élevée et passe après une certaine réussite et certains résultats favorables. On peut imaginer un peu le contexte dans lequel on arrive. Ce n’est pas forcément chose simple et facile. L’adaptation a pu se faire mais la construction d’une équipe et la construction d’un staff passent aussi par des défaites. Celle de Talence en fait partie. Il faut que chacun arrive à trouver sa place. C’est intéressant d’être dans l’obligation de faire les choses différemment pour pouvoir tirer la quintessence du staff et de l’équipe. C’est une forme d’enrichissement. Notre staff avait une victoire de référence contre Bourges, avec un bon équilibre et une bonne alchimie avec les joueuses mais aussi avec le staff. Il a fallu s’inspirer de ça. C’est un match où on a toujours été dans la volonté de croire dans la réussite collective. On est passés par des moments peu évidents, mais on a toujours maintenu le cap. Cela veut forcément dire que les acteurs et les actrices en sont pour quelque chose. Cela nous a permis de construire le Final Four.

13221422_10153878549752795_4646515671500274380_oEst-ce que les joueuses se rendent compte de leur parcours dans le Centre de formation avec, pour certaines, six titres à la fin de leurs années U18 ?

Certaines ont en effet gagné six titres en l’espace de trois ans, alors qu’elles ont 18 ans. Et huit médailles avec la médaille de bronze au Creusot au Final Four U18 (2013) et une médaille d’argent le weekend dernier au Final Four Espoir. Le sentiment que j’ai vraiment, c’est qu’à l’extérieur, on en fait beaucoup par rapport à ces titres. Nous qui sommes dedans, acteurs, on est évidemment très heureux d’avoir gagné tout cela et très fiers. Mais ce qui nous importe, c’est le chemin qu’on a pris pour les gagner et la suite. Les joueuses sont humbles, bien dans leurs têtes et dans leurs baskets. C’est le principal : les valeurs.

Qu’est-ce qu’il se passe dans un Centre de formation après les phases finales ?

On célèbre un peu quand même. Sur place et en rentrant de Roquebrune lundi soir chez le président. C’est bien de savourer dans la foulée avec les supporters, ce sont de bons moments. Et après, on reconnecte le téléphone, l’ordinateur et on travaille la suite. L’objectif est de préparer au mieux, sur les mois à venir, les joueuses pour la saison prochaine et de faire en sorte que les filles se connectent très rapidement sur leur préparation internationale. L’objectif est de leur permettre d’être dans les meilleures dispositions pour la suite de leur projet individuel. Les programmes sont différents pour nos joueuses qui attaquent les campagnes en équipes de France U16, U17, U20. Les U20 ont pu récupérer, faire un break avant de repartir sur ce projet. C’est plutôt un programme individuel nécessaire après la saison et encore plus après le Final Four de Nantes.

Dans le projet du Centre de formation, ces sélections en équipes nationales sont très importantes ?

C’est déjà la reconnaissance d’une compétence et d’une structure qui fonctionne. C’est aussi de l’entraînement supplémentaire, avec des coachs forcément différents. On doit se servir de notre vécu et notre expérience, de tout ce qu’il s’est passé pour que les joueuses aillent le plus loin possible. Dans la formation de la joueuse individuelle, c’est important. Et lorsqu’elles reviennent dans la structure, c’est important que cette nouvelle expérience apporte au groupe.

 

Crédit photo : Jérôme Le Bris

Commentez