Formation  |Grand(e)s Espoirs

Après la défaite des Lionnes samedi dernier à Nantes (51-61) en finale du championnat de France Espoir, une page se tourne. Une fin de saison 2015/2016 pour l’équipe et une fin de parcours au sein de la structure pour les joueuses qui n’évolueront plus dans le Centre de formation lyonnais. Retour lucide avec Fred Berger sur une aventure riche en émotions.

Nantes. Samedi 7 mai 2016.

13113138_10153859838482795_1269573047_oAu buzzer final, des mines déconfites, comme à Talence après la demi-finale perdue en Coupe de France U17. La colère, la déception, les larmes, le silence d’un public si bruyant d’habitude détonnent face au bonheur, au soulagement, aux larmes et aux cris de joie de cette belle équipe des mini-Déferlantes, championne de France Espoirs qui évoluera donc en Nationale 1 en 2016/2017. On ne va pas se mentir : on avait perdu l’habitude à Lyon de n’être que spectateurs plutôt qu’acteurs de ces moments de liesse.

Une sale habitude qui a fait perdre de vue l’essentiel. « On s’est toujours focalisé sur la manière de faire les choses, notre style de jeu, notre équipe, notre état d’esprit, notre implication et notre projet. Et pas sur le résultat final », explique le responsable du Centre de formation. « La réussite sportive des années précédentes a pris le pas sur la manière de jouer, de se comporter. Ce qui était un peu le cas à Talence. Nous n’avons pas été suffisamment dans la volonté de mettre en place quelque chose, de proposer du contenu. Nous étions plus dans une volonté de résultat. »

Un grand enjeu

Les exemples sont infinis. Les champions NBA en titre, les équipes de France favorites à domicile… L’échec reste toujours une possibilité dans le sport. « On ne peut absolument pas en vouloir à qui que ce soit », explique Fred Berger. « Je pense que les filles ont fait tout ce qu’elles ont pu. Dans la combativité, dans la volonté de prendre des rebonds, d’exploiter les uns contre uns, de tirer, attaquer, aller au panier… Individuellement, on a tout fait pour avoir le meilleur résultat possible. » C’est peut-être collectivement que le groupe a pris une mauvaise direction. « On s’est perdu collectivement. Nous n’avons pas mis les meilleurs moyens en place pour pouvoir réussir. »

A Mangin Beaulieu, les mini-Déferlantes jouent le premier Final Four de leur histoire. A la maison, le groupe est bien dans le rythme collectivement, ne se pose aucune question. Un air de déjà vu pour le coach lyonnais : « Nous, il y a deux saisons ! » Nantes a réussi à transformer une dynamique IMG_9894modéreintante mais stimulante (après deux victoires en deux jours dans le Final Four) en moment de gloire. De leur côté, les Lionnes ont, selon Fred Berger, « réussi à perdre ». « On laisse trop de place au doute. Trop d’enjeu. »

Oui, l’enjeu était grand samedi. Les Lionnes voulaient conserver ce titre, garder cette place en Nationale 1. Et l’envie était encore plus grande pour les joueuses sortant du Centre de formation. « Je crois que c’est aussi l’une des raisons de la défaite : le fait que des joueuses sortent du Centre de formation, avec la détermination de vouloir absolument être bonnes individuellement, et gagner pour laisser un patrimoine aux joueuses qui jouaient cette année et qui joueront en Espoir l’année prochaine. »

Être meilleur demain

Le Centre de formation lyonnais a perdu ses deux couronnes en Coupe de France U17 et en championnat Espoir. Mais si les défaites sont amères, c’est aussi parce que Lyon a souvent connu le goût sucré de la victoire. Les joueuses quittant la structure laissent en héritage cinq trophées en deux ans (2014 et 2015). Ces titres « bonus », empreints d’émotions, font partie de l’histoire du Centre de formation. Mais l’histoire continue car une défaite n’est pas l’épilogue d’un projet mais plutôt une source d’inspiration pour apprendre et avancer. « Il faut maintenant tirer les leçons, individuelles et collectives. Mais le projet du Centre de formation continue, et doit encore évoluer. J’ai juste envie d’être meilleur demain. Pour moi, cela représente de nouveaux challenges, de nouveaux objectifs, avec de nouvelles intentions. Il faut trouver dans cette aventure du positif pour faire avancer le projet. Il faut probablement en passer par là. C’est l’association de plein de choses qui nous a menés là. Mais le hasard, je n’y crois pas. »

Il faut maintenant tirer les leçons, individuelles et collectives. Le projet du Centre de formation continue, et doit encore évoluer. Pour moi, cela représente de nouveaux challenges, de nouveaux objectifs, avec de nouvelles intentions.

Première leçon. Le Centre de formation est en course pour le titre de champion de France U18, disputé ce weekend (14-15 mai à Roquebrune Cap Martin). Évidemment, l’esprit de compétition est intacte, mais l’essentiel n’est pas là. N’est plus là. « Aujourd’hui,  je n’ai plus envie de parler de résultats, car je pense que cela nous a perdu. On s’est trop focalisé là-dessus. Moi le premier. Les résultats ont été notre cheval de bataille pendant les saisons précédentes. Mais ces résultats n’arrivent pas par hasard. Ils sont faits de ce qu’on produit en match et aux entrainements. » Peu importe le résultat des U18, le responsable espère que le groupe « prenne du plaisir pendant le match », déçu parce qu’à Nantes, le groupe ne s’est pas « éclaté ». « J’ai plutôt la volonté d’avoir autour de moi des joueuses heureuses d’être sur le terrain, des spectateurs heureux d’être là. Des supporters qui sont derrière toi, qui viennent nous encourager, qui investissent financièrement sur le déplacement et qui repartent la gueule enfarinée parce qu’on a perdu, mais aussi parce qu’on a été moyen sur le terrain, c’est une grande déception. » « On peut finir quatrième ce weekend, mais ce qui est certain, c’est qu’on ne finira pas quatrième de n’importe quelle manière. Évidemment, on va tout faire pour prendre tous les matches. Mais il va vraiment falloir que tout le monde, et moi le premier, soit déterminé à passer un bon moment de basket. C’est mon seul et unique objectif. »

La famille lyonnaise

L’histoire du Centre de formation continuera à s’écrire à Roquebrune, la saison prochaine et les suivantes. Avec son lot d’incertitudes propres au sport. Quelques certitudes pourtant : les leçons d’hier et d’aujourd’hui et les valeurs du Centre. Mais aussi la certitude du vide laissé par le départ de joueuses. Des Lionnes qui n’évolueront plus dans les robes lyonnaises aux côtés de leur bande de copines qui sortait les griffes – avec maturité et fierté – face à de féroces équipes NF1, mais sous d’autres maillots, qu’ils soient universitaires, bleus ou de toutes autres couleurs. Et le responsable du Centre de formation a forcément une pensée pour elles : « On ne peut que leur souhaiter une bonne continuation. En 13199314_10153859838932795_1367418066_oaucun cas ce match ternira tout ce qui a pu se passer jusque-là. Je préfère garder tous les bons souvenirs et aussi, par conséquent, les bons résultats. Parce qu’il y a eu de très bons résultats au-delà peut être de nos espérances. Le Centre est assez récent et a été en haut de l’affiche très vite et très tôt. J’espère que les treize joueuses qui ont été là ressortiront un peu grandies et meilleures. Ces matchs-là, il y en aura d’autres. Il faudra juste se rappeler de celui-ci. On n’a pas réussi à atteindre notre objectif, et il faudra se rappeler de quelle clé il nous a manqué pour réussir. Je veux féliciter nos joueuses Espoirs sortantes et encourager nos futures Espoirs pour ce nouveau départ, avec la ferme intention de reconquérir ce qu’on a pu oublier à Nantes. »

Même si elles resteront à tout jamais des membres de la famille, certaines joueuses vont quitter le nid. Un envol inéluctable qui va les mener, sans doute possible, vers de belles destinées. La structure de ce nid familial, force du Centre de formation, est solidement composé de pièces maitresses qu’a souhaité remercier Fred Berger pour avoir permis aux Espoirs d’évoluer dans les meilleures conditions possibles : les dirigeants, le staff technique avec Corentin et Louis, le staff médical avec Jérôme et Christian, les inconditionnels de tous les déplacements avec notamment Jérôme, Christian et John.

Nantes. Samedi 7 mai 2016.

Un proverbe dit : « Quand tout va bien on peut compter sur les autres, quand tout va mal on ne peut compter que sur sa famille. » C’est en famille que les joueuses Espoirs ont joué leur dernier match de la saison. Après une défaite douloureuse, trouver les bons mots est une tâche complexe, mais la présence est essentielle. Les coachs d’hier et d’aujourd’hui, les supporters, familles et amis, mais aussi les joueuses adverses sont allés consoler les Lionnes à la fin de la rencontre. Toute cette famille basket respecte le travail, la passion, l’abnégation et l’investissement de ces joueuses. De nouveaux challenges attendent les joueuses Espoirs restant ou quittant le Centre de formation. Et les bons souvenirs resteront… Effaçant bientôt le souvenir de ce dernier buzzer final.

 

Crédit photo : Jérôme Le Bris

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