Équipe Pro  |Fabrice Nocera, l’ostéo du basket féminin

Fabrice Nocera évolue depuis longtemps dans le milieu sportif et depuis quelques années plus particulièrement dans le basket féminin. Portrait du premier ostéopathe de l’équipe de France féminine, médaillée d’argent à l’EuroBasket 2013 et 2015, et du Lyon Basket.

Double diplômé, le kinésithérapeute – ostéopathe s’est rapproché du basket par hasard. Après avoir œuvré dans d’autres milieux sportifs (natation, ski, tennis, biathlon…) et des champions tels que le tennisman Guy Forget, il reçoit en août 2012, dans son cabinet de Villeurbanne, l’appel de la balle orange. « Je ne réponds jamais à la ligne fixe sinon c’est infernal, mais là mes collègues n’étaient pas là, alors j’ai décroché », explique Fabrice. Au bout du fil, Virginie Kevorkian, coach des Tigresses de l’AS Villeurbanne Basket Féminin, qui lui demande de s’occuper d’elle, puis, plus tard, de s’occuper de son équipe. Peu après, il rencontre un autre coach, Pierre Vincent. « L’équipe de France cherchait un ostéo. Je n’ai jamais su qui avait parlé de moi, ni pourquoi, mais j’ai reçu un coup de téléphone : On a pensé à vous pour le poste, cela vous intéresserait ? » Fabrice rencontre le coach de l’équipe de France féminine puis reçoit sa convocation pour la campagne 2013.

Une expérience inoubliable avec les vice-championnes d’Europe. Fabrice est alors un pionnier. En effet, il est le premier ostéo uniquement en charge de l’équipe de France féminine. Deux ans après, la fédération, conquise par ses compétences et son expérience du milieu sportif, le convoque à nouveau. Fabrice quitte un temps la vie du cabinet et replonge dans cette mission intense et collective, avec tout le staff médical. « C’est une équipe comme sur le terrain. On s’entend très bien, sans jalousie. Le plus important pour nous, c’est que la joueuse recouvre ses moyens et puisse jouer, peu importe grâce à qui. On prend des décisions super rapides. Les filles sentent cette cohésion, on discute beaucoup sur les choix. »

Une relation de confiance avec les coachsYuCcptgL_400x400

Ainsi Fabrice et tout le staff bichonnent les Bleues, jusqu’à parfois tard dans la nuit, dans un mode de fonctionnement très souple, qui donne toute latitude aux joueuses. « Cela peut être une joueuse qui sollicite quelqu’un d’elle-même, ou la préparatrice physique,la coach, le médecin, etc. Il y a plusieurs entrées. Cela garantie que le tamis ne laisse rien passer quoi. » Le staff médical de la campagne 2015 a rempli sa mission et a été félicité par la coach, Valérie Garnier. « Ses mots nous ont fait très plaisir : Finale du championnat d’Europe, deux mois de campagne, trois semaines de compétition et 12 joueuses à la disposition de l’entraîneur, merci. »

Fabrice apprécie le souci du détail des coachs féminines. En 2013, il sympathise avec une autre coach de l’EuroBasket : Marina Maljkovic. Quand Nicolas Forel, qu’il connaissait bien avant qu’il ne devienne président du Lyon Basket, l’appelle pour lui dire que Marina arrive à Lyon, Fabrice annule ses rendez-vous, prend son scooter et vient l’accueillir. Depuis Fabrice travaille avec le Lyon Basket et a développé avec Marina une relation de respect et de confiance. Pour la nouvelle saison, la présence de Fabrice au sein du groupe va être encore plus importante.

De ces nombreux moments privilégiés avec l’équipe de France, Fabrice retient l’image de joie du groupe après la victoire contre l’Espagne en demi-finale, « une histoire particulière », avec l’équipe qui avait privé les Bleues du titre, deux ans auparavant. Ces moments d’euphorie, privilégiés avec tout un groupe, Fabrice espère continuer à en vivre avec l’équipe de France, tout comme avec le Lyon Basket version 2015-2016 !

Formation  |Évita Herminjard, « la Suisse »

Joueuse du Centre de formation, la pétillante arrière Évita Herminjard a débarqué au Lyon Basket pour la saison 2012/2013, en provenance de la Suisse voisine.

Elle a toujours su. Et c’est pour cela qu’elle a voulu mettre toutes les chances de son côté pour réaliser son rêve : devenir joueuse professionnelle.« Je n’ai pas trop réfléchi, je n’ai pas hésité. » Oui, Évita avoue que les premières semaines ont été très dures mais elle a quitté la Suisse déterminée. A 13 ans, elle quitte le Blonay Basket pour rejoindre le championnat de France à Challes Basket, puis au Lyon Basket. Car elle est consciente que la France peut lui apporter un encadrement et des structures optimisés pour se former : « Si tu veux percer, il vaut mieux partir car les Centres de formation ne sont pas aussi développés en Suisse. » Quand Fred Berger rencontre la jeune joueuse, il se rend compte rapidement de la force de caractère d’Évita et sa motivation : « Elle savait déjà pourquoi elle était là. »

« La présence des parents est importante dans le projet de la joueuse », ajoute le responsable du Centre de formation. Évita est en effet bien soutenue par sa famille. Ses parents sont présents pour les matchs à Lyon et parfois à l’extérieur, présents aussi dans la vie de groupe. Parents entraîneurs de basket, frère joueur de basket, seule sa sœur a échappé au virus en préférant le volleyball. Arrivée à Lyon, Évita gagne des titres mais aussi « une deuxième famille » : « J’ai été bien accueilli, j’appréciais les valeurs du club, l’état d’esprit ».

Elle décrit ces années au Lyon Basket comme « une aventure humaine extraordinaire » et s’estime chanceuse d’être « tombée sur un club comme ça ». La première année, surclassée, Évita a d’abord eu du mal à se faire une place. « De venir ici, ça m’a fait grandir. Je suis devenu autonome. Avant, j’étais vraiment timide, j’ai appris à me débrouiller. » Pour le plus grand plaisir de ses coachs, la jeune arrière s’est peu à peu responsabilisée au sein de l’équipe U17 et elle a pris ses marques avec les Espoirs. « Elle a gagné en envergure dans son leadership et tire le groupe vers le haut, capable d’assumer ses responsabilités », explique Fred Berger. « Elle affirme une volonté d’aller au plus haut niveau. Et aujourd’hui, elle a passé un cap. Défensivement, c’est la joueuse qui peut le plus assumer de responsabilités. »

Un été chargé

En U17, le coach explique qu’elle « ouvre la voie, montre le chemin pour performer par son engagement défensif, son scoring et ses prises de responsabilités. » Alors qu’avec les Espoirs, Évita « amène son peps, son énergie et sa défense. » Même si elle « sous-estime sa place en Espoirs » et qu’elle « pourrait faire beaucoup plus », elle reste une rotation précieuse dans l’effectif NF1. Son coach Matthias Manca souligne lui aussi sa « détermination au-dessus de la moyenne » mais il concède tout de même quelques défauts à la joueuse : une certaine naïveté de croire « tout ce qu’on lui dit » ainsi que cette « fâcheuse habitude de s’écrouler sur le terrain… alors qu’elle est toute seule » !

En première STMG (elle espère avoir son bac pour rejoindre la fac de sport), les étés d’Évita ne sont pas de tout repos. Début juin, elle a participé avec la sélection suisse au championnat du Monde 3×3 en Hongrie alors que l’année dernière elle a joué le championnat d’Europe U16 B au Portugal. Une expérience comme capitaine qui, selon Fred Berger, lui a beaucoup apporté dans la prise de responsabilités. Fin juillet, Évita portera de nouveau le maillot helvète pour le championnat d’Europe U18 B, après deux semaines de préparation en Serbie.

Le meilleur souvenir du Chef (son surnom) au Lyon Basket est peut-être ce premier titre en Coupe de France U17, une première dans une aussi grande salle, devant autant de public, à Coubertin. Elle retrouvera Lyon pour la saison 2015/2016, plus déterminée que jamais à réaliser son rêve de professionnalisme et à vivre de nouveau des moments inoubliables. En famille.

 

Crédit photo : Jérôme Le Bris