Équipe Pro  |Franck Matamba : « Je prends plaisir dans les deux activités »

Franck est le préparateur des Lionnes depuis trois ans. Cet ancien athlète de haut niveau sur 400m et 800m, partage son temps entre la balle orange et les pistes d’athlétisme. Découverte d’un homme passionné et toujours en quête d’expériences humaines… et de médailles internationales avec ses pépites de l’athlétisme !

Tu as rejoint le Lyon Basket en 2013 mais explique-nous ce que tu fait en dehors de Mado Bonnet.

Je suis entraîneur à l’Entente Sud Lyonnais, qui compte environ 300 athlètes. J’entraîne à Bron toute la semaine. J’ai des athlètes du niveau départemental à international, de Cadet à Vétéran. J’ai commencé à entraîner vers 2002 après avoir arrêté ma carrière. J’ai commencé par l’école d’athlétisme et petit à petit j’ai évolué avec les plus grands. J’ai le diplôme d’entraîneur d’athlétisme, et en 2010 j’ai passé le diplôme de préparateur physique. J’ai commencé à faire en parallèle coach athlé et préparateur physique avec l’ASVEL Rugby, puis le Lyon Basket en 2013.

Quelles sont tes spécialités en athlétisme ?

J’entraîne du 100 mètres au 800 mètres. Sachant que le 800 mètres à haut niveau, il faut avoir une bonne base de vitesse alors c’est pour ça que j’entraîne aussi en-dessous. Moi-même, je suis un ancien coureur de 400 et 800 mètres, ça me parle vraiment. J’ai plus un groupe de 400 et 800, et j’ai quelques personnes qui ont vraiment des caractéristiques de sprinters.

L’été pour toi, la compétition ne s’arrête pas, bien au contraire !

Ça s’enchaîne assez bien. L’hiver c’est un peu plus basket et préparation athlé. Et nous, la saison en athlé commence vraiment fin avril – début mai. La saison du basket est alors presque terminée, alors ça se combine bien. Tous les weekends je suis en déplacement, début mai c’est les interclubs, puis après, tous les weekends, nous avons des déplacements au niveau interrégional et après aux quatre coins de la France. Au niveau national, j’ai 3 ou 4 athlètes. J’ai un groupe de Seniors avec des personnes qui soit ont terminé leur carrière et qui recommencent une carrière de vétéran, qui sont là pour se faire plaisir mais qui gardent un bon niveau. Du coup, ils sont assez autonomes. Je m’en suis vraiment rendu compte cette année, c’est un groupe qui équilibre avec les jeunes. Par leur courage malgré leur âge et leur boulot, ils arrivent à se défoncer et ils ne se plaignent pas. C’est bien parce que c’est un exemple pour les jeunes, je suis vraiment content d’avoir un groupe comme ça.

Comment s’est passé l’été pour tes athlètes de niveau national ?

13584832_1070856832951711_653360647526468200_oÇa fait six ans que je m’occupe d’une athlète, Estelle Perrossier, qui est passée de son petit niveau départemental au niveau national sur le 400m [Estelle est championne de France Élites Indoor 2014, championne d’Europe 4x400m 2014, et 7ème avec le 4x400m aux Mondiaux de Beijing 2015]. On visait les Jeux Olympiques cette année, parce que l’année dernière elle a fait les Championnats du Monde. Jusqu’à un mois des Championnats de France, on était bien, sur la bonne voie. Et puis elle a eu gros problème familial et cela a tout remis en questions. Alors on a stoppé l’objectif de Rio. C’est un gros échec mais on ne peut pas toujours pas prévoir.
J’ai pris un gros coup au moral, du côté personnel et du côté sportif, il fallait digérer tout ça. Et il se trouve qu’au sein de mon groupe, j’ai une petite qui promet, qui vient du basket d’ailleurs. Je m’occupe de Marine Mignon (16 ans) depuis trois ans. L’année dernière, elle a été championne du Festival Olympique de la Jeunesse Européenne où les meilleurs jeunes athlètes européens se retrouvent. Du coup cette année, elle a passé encore un cap. Elle a progressé, elle a été championne de France Cadette sur 200 mètres au mois de juillet à Châteauroux. Elle a validé ses minimas pour l’Europe et elle a finalement été championne d’Europe sur 200 à Tbilissi en Géorgie, en battant le record de France (23’’35) qui datait de 1994 !

Quels sont tes prochains objectifs avec tes athlètes ?

Avec Marine, on vise le Championnat d’Europe junior et on espère conserver le titre de championne de France Cadette et l’obtenir en Junior. Essayer d’être championne de France dans toutes les catégories car elle peut cette année participer aux deux. Le but aussi pour Marine est de rejoindre le collectif relais senior français car avec ses performances, elle rentre dans les meilleures françaises. Elle a déjà décroché une médaille d’or européenne au medley relais (100-200-300-400 mètres). Estelle, elle va changer de discipline, en passant du 400 au 800 mètres. L’objectif est de se qualifier en individuel pour un grand championnat. C’est une grosse année pour elle, pour viser le Championnat du Monde à Londres.

Comment se complètent tes deux activités, dans les deux disciplines ?

En athlétisme, je bosse tout seul : je coach, je gère un peu la préparation physique sauf pour quelques athlètes… Je gère tout en athlé. Alors qu’au basket c’est le coach qui gère tout, je ne m’occupe que de la prépa physique, spécifique basket. Je vais travailler avec Étienne Faye que je connais depuis plus de 20 ans, on approche même les 30 ans ! Nous étions ensemble à l’ASVEL, on s’est côtoyé à cette époque avant de se perdre un peu de vue. Et on se retrouve après toutes ces années ! Je prends plaisir dans les deux activités, surtout au niveau du rapport humain. On apprend tout le temps, je suis toujours à l’affût de découvrir et apprendre. C’est complémentaire pour moi.

Crédit photo : Estelle Perrossier / Franck Matamba